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Jeudi 08 Mars 2007

Non contente de vouloir minimiser l'utilisation de l'eau de pluie, notre ministre de l'écologie tourne le dos aux éléphants.

Qui va enfin la remettre à sa place: loin de ce ministère...??? Un ministre de l'écologie devrait se battre pour l'écologie et non céder à des lobbies...

L'histoire:

IFAW et une coalition d'organisations écologiques françaises ont envoyé une lettre ouverte au Président de la République Chirac Vendredi 2 mars 2007 suite au refus de la Ministre de l'écologie et du développement durable Mme N.Olin de soutenir la proposition soumise conjointement par le Kenya et le Mali visant à instaurer un moratoire de 20 ans sur le commerce de l'ivoire en vue de la prochaine CITES qui aura lieu à La Haye cette année.

Monsieur le Président,

Du 03 au 15 juin 2007, La Haye accueillera la 14ème Conférence des Parties de la CITES où, encore une fois, le débat inhérent à la réouverture du commerce de l’ivoire pourrait avoir d’importantes implications pour la survie de cette espèce emblématique qu’est l’éléphant d’Afrique.

Nous souhaitons de nouveau attirer votre attention sur la proposition soumise conjointement par le Kénya et le Mali, officiellement soutenue par le Togo et le Ghana, qui requiert l’instauration d’un moratoire de 20 ans sur le commerce international de l’ivoire brut et travaillé.

Cette initiative, révélatrice d’un effort de conservation africain sans précédent, d’ores et déjà appuyée par de nombreux pays d’Afrique (francophone notamment), vient de se voir refuser le soutien de Madame Nelly Olin…pourtant ministre de l’Ecologie et du développement durable !

Cette décision scandaleuse est en premier lieu une insulte faite à la plupart des Etats africains dont les populations d’éléphants sont en constant déclin car décimées par un braconnage croissant visant à alimenter le commerce illicite international de l’ivoire. Au Sénégal, par exemple, seul dix éléphants subsistent alors qu’ils étaient près de 300 dans les années 70.

Qualifier ce moratoire de ''contre-productif'' ou encore de ''pas acceptable'' est un déni des réalités identifiées par les auteurs de ladite proposition et du document de travail qui l’accompagne :
  • Plus de 41 tonnes d’ivoire ont été saisies au cours de ces deux dernières années lesquelles ne représentent que 10 à 15% de la contrebande réelle selon les autorités douanières ; Les cargaisons d’ivoire saisi sont généralement en provenance des pays d’Afrique australe où l’existence d’un commerce licite de l’ivoire facilite le blanchiment de l’ivoire illicite ;
  • Près de 20 000 éléphants seraient braconnés annuellement pour alimenter le commerce illicite très lucratif de l’ivoire essentiellement à destination des pays d’Asie ;
  • Le braconnage s’est intensifié depuis la dernière Conférence des Parties (Bangkok, oct.2004) catalysé par une augmentation de la demande pour cet or blanc dont le prix au marché noir en Chine a presque triplé en deux ans. En juin 2006, ce dernier pouvait atteindre 750 USD/kg (200 USD/kg en 2004).
  • Le manque de régulation des marchés domestiques légaux de l’ivoire tant en Afrique qu’en Asie ainsi que l’absence de systèmes stricts d’enregistrement et de certification de l’ivoire brut ou travaillé procurent les conditions propices à l’existence d’un commerce illicite florissant face auquel les agences de lutte contre la fraude des Etats de l’aire de répartition des éléphants se trouvent démunies. L’application des règlements de la CITES devient alors un véritable défi.
L’instauration d’un moratoire de 20 ans sur le commerce de l’ivoire s’avère donc crucial pour permettre entre autres :
  • La restauration des populations d’éléphants notamment dans les pays d’Afrique francophone où celles-ci sont fragmentées, de plus en plus isolées, donc très fragilisées ;
  • La mise en place de mesures adaptées à la lutte contre la fraude en améliorant les capacités des Etats de l’aire de répartition de l’éléphant d’Afrique;
  • L’élaboration de nouvelles méthodologies permettant de mieux juguler et maîtriser le commerce illicite ;
  • L’application d’un strict contrôle du commerce intérieur de l’ivoire au sein des pays désignés comme importateurs ;
  • Le renforcement des mesures de lutte contre le braconnage ;
Ce moratoire permettra aussi de sauver la vie de nombreux rangers. En effet, la France ne peut ignorer que chaque année, des gardes paient de leur vie leur engagement en faveur de la conservation des ressources naturelles.

Le Tchad est aujourd’hui endeuillé par la perte de 3 de ses gardes froidement abattus par un gang ayant massacré plusieurs centaines d’éléphants pour leur ivoire dans le Parc national de Zakouma fin janvier. En réponse à ce carnage, l’ensemble du stock national d’ivoire (1,83 tonne) a été brûlé sur décision du président tchadien Idriss Deby !

Monsieur le Président, nous connaissons votre attachement au continent africain et votre engagement passé en faveur de la conservation de l’éléphant et votre opposition au commerce de l’ivoire. Nous sollicitons donc votre intervention de toute urgence auprès de Madame Nelly Olin afin que la France soutienne fermement la proposition soumise par le Kénya et le Mali.
publié par Franck Gourbeyre dans: Environnement
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